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Crédit refusé partout

LE GUIDE

Crédit refusé partout : ce qui reste possible, et ce qui ne l’est pas

Deux refus, trois refus, et l’impression que le système s’est refermé. C’est le moment où l’on fait les erreurs les plus coûteuses, parce que c’est celui où l’on devient prêt à croire n’importe qui. Cette page explique ce qui se passe réellement derrière un refus, et ce qu’il reste à faire.

Pourquoi une banque refuse

Analyse d’un budget et des échéances

Un refus arrive rarement avec son motif. Voici les raisons qui reviennent, dans l’ordre où elles se rencontrent.

Un taux d’endettement au-dessus de ce que l’établissement accepte. Chaque établissement fixe sa propre limite interne. Elle n’est pas publique et elle n’est pas la même partout.

Un reste à vivre insuffisant. C’est ce qui reste une fois les charges et les échéances payées. Deux dossiers au même taux d’endettement peuvent être traités différemment selon la composition du foyer et le niveau de revenu.

Des incidents de paiement récents. Rejets de prélèvement, découverts non autorisés, dépassements répétés sur les trois derniers mois. C’est le point qui pèse le plus lourd et le plus discrètement.

Un fichage FICP ou FCC. Il ne vous interdit pas d’emprunter, il informe les établissements. Le sujet est traité en entier sur la page fichage.

L’ancienneté professionnelle. Période d’essai, activité créée récemment, statut jugé instable. Beaucoup d’établissements appliquent une règle de durée minimale, et elle varie fortement de l’un à l’autre.

L’absence de garantie. Quand aucun bien ne peut sécuriser l’opération, le prêteur n’a que vos revenus en face de son engagement, ce qui réduit le montant envisageable et le nombre d’interlocuteurs possibles.

Un détail qui a son importance : ces motifs se cumulent rarement seuls. Dans la plupart des dossiers que je vois après plusieurs refus, deux ou trois de ces points coexistent, et c’est leur combinaison qui bloque plus que chacun pris isolément. C’est aussi pour cela qu’un refus reçu sans explication est si difficile à interpréter seul : vous corrigez un point, et l’établissement suivant bute sur un autre.

Refus n’est pas interdiction

Couple échangeant avec une conseillère autour de son budget

Un refus est la décision d’un établissement selon ses critères à lui, pas un verdict du marché : cela n’a jamais voulu dire qu’un autre dira oui.

Les deux moitiés de cette phrase sont importantes. La première, parce que beaucoup de gens renoncent après deux refus en pensant qu’ils sont sortis du système. C’est faux : les grilles d’acceptation diffèrent réellement d’un établissement à l’autre, sur l’ancienneté d’activité, sur l’âge de fin de prêt, sur le traitement d’un incident ancien. C’est particulièrement vrai sur la durée : un dossier refusé parce que l’échéance finale tombait au-delà de la limite interne d’un établissement peut passer ailleurs, certains partenaires acceptant des âges de fin de prêt bien plus élevés, comme l’explique la page senior et retraité. Un dossier présenté au mauvais endroit n’est pas un dossier inéligible.

La seconde moitié compte tout autant. Le fait qu’une autre grille existe ne signifie pas qu’elle vous acceptera. Je ne peux pas vous promettre de résultat, et si quelqu’un vous en promet un, c’est précisément le signal qu’il faut partir. Ce que je peux faire, c’est regarder votre situation et vous dire honnêtement si elle a des chances, y compris quand la réponse est non.

Ce qui change si vous êtes propriétaire

Famille discutant d’un projet immobilier

Si vous possédez un bien immobilier, votre situation n’est pas comparable à celle d’un locataire ayant essuyé les mêmes refus, même à revenus identiques.

La raison est simple : un bien peut sécuriser l’opération, ce qui ouvre l’accès à des établissements qui n’étudient pas les dossiers sans sûreté réelle, et à des montants et des durées sans commune mesure. Beaucoup de refus reçus en agence portent sur la seule lecture des revenus, sans que cette option ait été envisagée.

Ce que cela change concrètement est détaillé sur la page propriétaire. Si vous êtes locataire ou hébergé, la page locataire décrit ce qui reste possible dans votre cas, et ce qui l’est moins.

Ce qui ne se règle pas par un crédit

Conseillère examinant un dossier de financement

Il faut le dire, même si cela me coûte des dossiers.

Toutes les situations ne relèvent pas du financement. Quand les charges dépassent durablement les revenus, sans perspective de redressement, aucun regroupement ne répare le déséquilibre : il l’étale, parfois en l’aggravant, parce que la durée allongée augmente le coût total. Dans ces cas-là, le dispositif approprié n’est pas un crédit, c’est la procédure de surendettement devant la commission de la Banque de France.

Ce n’est pas un échec ni une honte, c’est un dispositif prévu pour cela. La distinction entre les deux voies, leurs conséquences et la façon de savoir laquelle vous concerne est expliquée sur la page surendettement. Si votre situation relève de là, je vous le dirai plutôt que de vous faire perdre trois mois.

Les fausses promesses à fuir

Dossiers de crédits et calculatrice sur une table

Ce marché attire des acteurs qui profitent de la détresse. Quatre signaux doivent vous faire raccrocher immédiatement.

Un accord annoncé avant l’étude du dossier. Personne ne peut savoir ce qu’un partenaire décidera sans avoir vu vos pièces. Une réponse favorable donnée au téléphone, avant tout examen, n’a aucune valeur.

Des frais demandés avant le déblocage des fonds. C’est le signal le plus net. Un intermédiaire en opérations de banque ne peut percevoir aucune somme avant que les fonds soient effectivement débloqués. Toute demande de versement préalable, sous quelque nom que ce soit, sort de ce cadre.

Un taux annoncé au téléphone. Le taux dépend du montage retenu et du partenaire qui l’accorde. Il s’annonce quand la solution existe, pas avant.

Un intermédiaire sans numéro ORIAS vérifiable. Tout professionnel habilité figure au registre public des intermédiaires. Le numéro doit être affiché et il doit correspondre. Si vous ne le trouvez pas, ou s’il ne correspond pas au nom annoncé, arrêtez là.

Ajoutons un cinquième signal, plus insidieux : la pression sur le temps. « L’offre expire ce soir », « il faut signer aujourd’hui pour bénéficier des conditions ». Aucune opération sérieuse de financement ne se décide dans l’heure, et la loi prévoit d’ailleurs des délais de réflexion incompressibles sur les offres de crédit. Quelqu’un qui vous presse cherche à vous empêcher de vérifier.

Par où commencer

Échange autour d’un dossier de financement dans un bureau

La première chose à faire ne coûte rien : faire regarder votre situation par quelqu’un qui connaît plusieurs grilles, et obtenir une réponse honnête sur ce qui est possible.

L’étude est gratuite et sans engagement. Si une solution existe, je vous la présente avec ses conditions réelles, frais compris. Si aucune solution n’existe aujourd’hui, je vous le dis, je vous explique ce qui bloque, et le cas échéant ce qui pourrait changer la donne dans six mois ou un an. Aucun frais n’est dû dans ce cas.

Questions fréquentes

Contrat, calculatrice et documents pour expliquer les frais
Combien de temps après un refus peut-on redemander ?

Il n’y a pas de délai réglementaire. Ce qui compte n’est pas le temps écoulé mais ce qui a changé dans votre situation : des incidents sortis de la période observée, une ancienneté d’activité constituée, un crédit soldé. Redemander à l’identique quinze jours plus tard n’a en revanche aucun intérêt.

Un refus est-il inscrit quelque part ?

Non. Un refus de crédit ne fait l’objet d’aucune inscription dans un fichier consultable par les autres établissements. Ce qui est inscrit, le cas échéant, ce sont les incidents de paiement, ce qui est une tout autre chose.

Plusieurs demandes abîment-elles le dossier ?

Pas au sens d’un fichier partagé, puisque les refus ne sont pas répertoriés. En revanche, multiplier les demandes désordonnées auprès d’établissements dont vous ne connaissez pas les critères vous fait perdre du temps et de l’énergie, et vous expose davantage aux acteurs peu scrupuleux.

Un courtier peut-il obtenir ce qu’une banque a refusé ?

Parfois, et pour une raison précise : il présente le dossier à des établissements dont les critères sont différents de celui qui a refusé, et il le présente construit. Parfois non, quand le blocage est structurel. Ce qu’un courtier ne peut pas faire, c’est vous promettre un résultat.

Que faire si aucune solution n’existe ?

Je vous le dis, et je vous explique pourquoi. Un crédit refusé partout finit parfois par relever d’un autre dispositif que le financement. Selon les cas, la voie appropriée peut être la procédure de surendettement, ou simplement l’attente d’un changement dans votre situation. Aucun frais n’est dû lorsque aucune solution n’est trouvée.

Comment vérifier qu’un intermédiaire est en règle ?

En cherchant son numéro d’immatriculation sur le registre public des intermédiaires en assurance, banque et finance. Le numéro doit être affiché sur son site, et le nom enregistré doit correspondre à celui de la personne ou de la société qui vous contacte. Mon numéro ORIAS est le 23008126.